Déclaration de la FCPE au CDEN du 17 octobre 2011

vendredi 11 novembre 2011
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Déclaration au CDEN du 17 octobre 2011

Le CDEN du mois d’octobre a pour vocation de faire le bilan de rentrée et de présenter la qualité du système éducatif dans notre département.

La FCPE constate que malgré les efforts de l’inspection académique pour diffuser un document de bilan, la présentation est quelque peu sommaire pour appréhender avec précision la situation de l’enseignement public dans les Hauts de Seine. En effet, le second degré n’est pas à l’ordre du jour du bilan de rentrée. Nous aurions pourtant aimé partager avec la communauté éducative réunie ce matin, la situation des jeunes lycéens dont l’affectation a été mal gérée ou bien de ceux qui se sont vu purement et simplement refuser l’accès à un établissement faute de places disponibles.

Nous aurions pu évoquer ensemble les classes surchargées et l’accompagnement personnalisé non assuré mais pourtant prévu dans les textes de la réforme du lycée. Nous aurions aimé évoquer les problèmes d’orientation et la difficulté des élèves de Nanterre pour accéder au CIO le plus proche déplacé à Rueil Malmaison.

Nous aurions aimé dire à quel point la continuité du service public d’éducation n’est plus assurée dans notre département. Sur ce sujet la FCPE92 a un chiffre à soumettre à cette assemblée. C’est celui des 403 jours de cours non assurés faute de remplacement ou de non affectation d’enseignant depuis le début de l’année scolaire 2011. Un chiffre qui laisse perplexe par rapport à la situation vécue par les élèves et leurs parents surtout qu’il est sans aucun doute sous-estimé puisqu’il s’agit du résultat des déclarations sur le site internet OUYAPACOURS de la FCPE. Il s’agit là de l’illustration parfaite de l’incohérence de la politique actuelle appliquée avec zèle dans les Hauts de Seine.

Nous rencontrons même des chefs d’établissements demandant de l’aide aux associations de parents d’élèves pour recruter des enseignants parmi leurs connaissances. Nous sommes tombés bien bas dans la gestion des ressources humaines. Ne comptez pas sur les adhérents de notre fédération pour participer et donner de l’écho à ce type de recrutement après avoir constaté le démantèlement du système de formation de la profession.

Nous aurions pu également évoquer la question des élèves scolarisés en SEGPA dans des classes à double niveau. Comment peuvent-ils réussir leur adaptation et leur orientation professionnelle dans ces conditions. Pourquoi l’enseignement adapté, qui accueille des jeunes plus fragiles, devrait-il avoir des doubles niveaux qui ne sont pas créés pour les autres collégiens ? Cette organisation imposée par l’administration conduit à des obstacles supplémentaires dans la scolarisation réussie des collégiens de SEGPA.

Alors évoquons le premier degré puisque c’est le sujet à l’ordre du jour et dont il faut faire le bilan.

Nous notons que les chiffres avancés par l’inspection font ressortir un taux de rendement. Ce terme emprunté à l’industrie dénote un traitement particulièrement singulier pour parler d’éducation. D’ailleurs le remplacement n’est pas mieux assuré dans le premier degré mais la gestion en est différente. En effet, il est possible par exemple, de faire cohabiter dans la même classe des enfants de petite section de maternelle avec ceux de cours préparatoire de l’école élémentaire afin de palier l’absence d’un enseignant stagiaire parti en formation.

La scolarisation des enfants de moins de 3 ans est un indicateur qui disparaît du bilan. La volonté d’externaliser ce service au secteur privé semble être délibérée. Nous serons vigilants pour que l’école maternelle ne subisse pas le même sort.

Par contre nous notons que l’éducation prioritaire est toujours considérée comme un surcoût. Dans le terme éducation prioritaire, il y a la notion de priorité de l’état à assurer un service public de qualité dans les secteurs du territoire particulièrement défavorisés. On parlera donc de surcoût lorsqu’il faudra quantifier les conséquences de la défaillance de l’administration dans ce domaine.

De nombreux réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED), particulièrement indispensables dans les quartiers labellisés “éducation prioritaire“ mais également nécessaires ailleurs, ont vu leurs équipes encore réduites. Les élèves bénéficiant de cette aide vont bientôt devenir des exceptions alors que les besoins, non satisfaits par l’aide personnalisée, sont énormes dans les Hauts-de-Seine.

Cette année encore, le gros point noir de la rentrée, c’est le nombre insuffisant d’Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS) recrutés pour accompagner la scolarisation des élèves en situation de handicap. Pour ces personnels indispensables au quotidien auprès des jeunes, pas de statut professionnel clairement défini, pas de formation, des contrats précaires et insuffisamment rémunérés. Ainsi des élèves n’ont pas à leurs côtés depuis la rentrée de septembre, l’aide humaine - notifiée par la Maison Départementale de la Personne Handicapée (MDPH)-, essentielle pour la réussite du parcours de scolarisation de ces jeunes.

La rentrée scolaire nous a permis également de constater dans plusieurs communes, que l’accès à la restauration scolaire était conditionné par le fait de pouvoir justifier d’un emploi pour les deux parents. Nous condamnons cette situation illégale qui est soit mise en œuvre par coutume dans les écoles, soit par l’application d’une décision municipale. Nous tenons à rappeler que la restauration scolaire est un service public auquel ne doit être fait aucune restriction d’accès.

La FCPE des Hauts de Seine demande à Monsieur le Préfet, d’intervenir auprès des communes et des établissements du département afin que cesse les dérives existantes, notamment en exerçant les contrôles de légalité sur les délibérations, les règlements intérieurs relatifs à toute restriction d’accès à la restauration scolaire.

En conclusion, la FCPE92 affirme que les conditions de scolarisation à la rentrée scolaire de septembre 2011 ne peuvent être considérées comme satisfaisantes. L’avenir de nombreux élèves est mis à mal par une politique dont on se demande si à force d’être obsédée par le coût de l’éducation ne serait pas tentée d’essayer celui de l’ignorance.

Enfin, la FCPE92 rappelle que la convention internationale des droits de l’enfant exige des états signataires, une reconnaissance du droit de l’enfant à l’éducation ainsi qu’une « coopération internationale dans le domaine de l’éducation, en vue notamment de contribuer à éliminer l’ignorance et l’analphabétisme dans le monde et de faciliter l’accès aux connaissances scientifiques et techniques et aux méthodes d’enseignement modernes  ».

Par conséquent, et puisque l’état français a ratifié cette convention internationale, la FCPE des Hauts de Seine demande aux représentants de l’Etat d’appliquer la dite convention et de mettre fin aux poursuites contre les lycéens devenant des « sans papier » le jour de leur majorité.

Cette pratique illégale à l’encontre des jeunes majeurs est intolérable dans le pays des droits de l’homme. En la matière, la FCPE soutient et continuera de soutenir toutes les actions du réseau éducation sans frontière.


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